Voici une définition du point de vue du chercheur (et non du praticien),
version allégée de celle trouvée ici :
 

"C'est une discipline qui s'intéresse à l'étude scientifique des comportements et des processus mentaux. S'agissant donc d'une discipline scientifique, le psychologue qui veut étudier un comportement ou un processus mental particulier doit utiliser une méthode de travail rigoureuse. Il doit s'assurer qu'aucun élément de subjectivité n'affecte ses observations et que les résultats obtenus puissent être reproduits par d'autres chercheurs. Il est, de plus, important de rappeler que la psychologie est une jeune science. Une foule de phénomènes psychologiques demeurent inexpliqués aujourd'hui."
 

J'ajouterai pour ma part que, comme cette discipline est jeune, même un praticien sans prétention est sujet à découvertes ou innovations, la psychologie est (pour moi) attirante rien que par cette plasticité.

Le terme "psychologie" regroupe en réalité plusieurs domaines professionnels et de recherche différents ayant pour seul point commun le fait qu'ils s'intéressent tous à l'individu humain en tant que tel, et aussi plus précisément à son cerveau et son esprit (psychologie vient de "psyche, psukhè" en grec signifiant esprit, âme et de "logie", étude). Ci-dessous une petite liste issue de ce que je sais (il s'agit de mon propre point de vue, et non d'une liste exacte).

 

Liste des grands champs d'étude •

(1) la psychologie clinique  (diagnostic des maladies, psychothérapies)
(2) la psychologie cognitive  (étude de grandes fonctions intégratives du cerveau, comme la mémoire)
(3) la psychologie sociale  (étude de l'individu au sein de groupes sociaux)
(4) la psychologie développementale  (sur le développement de la personne, du nourrisson à l'adulte)
 
Chaque champ de base inclut des "sous-champs", ou croise d'autres champs d'étude. Ainsi :
(1) contient la psychopathologie, est la base de la psychanalyse et des psychothérapies, a certaines liaisons avec la psychiatrie...
(2) s'appuie sur la neuropsychologie et la psychologie différentielle, applique la méthode dite "psychologie expérimentale" pour la recherche, et nécessite des connaissances neurobiologiques telles que la (psycho)physiologie, la (psycho)pharmacologie ou la psychophysique...
(3) croise le chemin de la psychologie différentielle et développementale, rejoint la sociologie, l'ethnologie...
(4) rassemble la génétique et la (psycho)gérontologie, croise la clinique et la différentielle...
 
(Ces champs disciplinaires sont présentés plus bas sur cette page.)

 

Différenciation des métiers •

Attention, il ne faut pas confondre la psychologie avec la psychiatrie, la psychanalyse ou la psychothérapie. La psychologie est un champ plus vaste que la psychiatrie ou la psychanalyse, et pour comparer ces différents métiers, il faudrait prendre en considération certaines branches seulement (clinicien ou neuropsychologue par exemple). En quoi ces disciplines sont différentes :

La psychiatrie est une discipline médicale, qui consiste à poser un diagnostic et à prescrire des médicaments. Les praticiens sont diplômés en médecine, spécialisation en psychiatrie, et les seuls habilités à prescrire. Beaucoup de gens font l'amalgame entre psychologues et psychiatres, mais sachez que bien qu'ayant le même but de soigner, ils utilisent des moyens différents : le psychologue clinicien va user d'entretiens thérapeutiques alors que le psychiatre va plutôt prescrire des médicaments précis. Il vaut mieux recourir au médicament si le diagnostic posé (par qui vous voulez) est assez dramatique, mais évitez des médicaments pour une simple déprime... Car si vous tombez sur un mauvais psychiatre, gare aux addictions...

Le psychologue obtient ce titre particulier après 5 années d'étude à l'université, avec l'obtention d'un Master professionnel (DESS) ou de recherche (DEA) en psychologie. Ce titre existe officiellement depuis 1985. Comme le médecin, le psychologue est tenu du plus strict secret professionnel (que le patient soit mineur ou majeur - ne me posez pas la question du cas où on vous avoue un crime, là ça devient délicat mais en principe, on ne devrait rien dire...). Selon sa spécialisation (psychométrie, neuropsychologie, travail, clinique...) il est habilité à faire passer des tests (QI, à visée diagnostique...), à passer divers types d'entretien (de recrutement, thérapeutique). Le psychologue ne pratique pas forcément en cabinet mais peut faire partie d'une équipe médicale ou sociale, d'une entreprise...

La psychanalyse ne nécessite aucun diplôme, elle n'est pas reconnue par l'état. Mais le praticien de cette thérapie de fond doit s'être fait psychanalysé avant de pouvoir analyser à son tour les patients. En général, on ne devient psychanalyste "sur le pouce", il faut adhérer à un courant de pensée psychanalytique, et être reconnu par ses pairs pour entrer dans le "milieu" et se faire connaître des patients. On trouve aussi bien des analystes psychiatres que psychologues (cliniciens en général), en cabinet.

La psychothérapie n'est pas reconnue par l'état, le titre n'est pas officiel et il n'ya aucun diplôme officiel pour cette pratique. Vous n'avez donc aucune garantie du sérieux du praticien : vous pouvez très bien trouver des charlatans s'étant auto-attribué ce titre... Cependant elle est souvent proposée par des diplômés en psychologie clinique ou en psychiatrie, il vaut donc mieux trouver la mention "psychologue clinicien" en-dessous de "psychothérapeute". Et avouez que "psychothérapeute" est un mot plus parlant que "clinicien"...

D'une manière plus générale, psychanalyses et psychothérapies sont proposées par des praticiens titulaires d'un diplôme en psychologie clinique (ou de médecine psychiatrique), ce qui vous garantit des bases de connaissances correctes du "psy" que vous allez rencontrer.

 

Les champs de base de la psychologie •

(1) La psychologie clinique (fin 19e siècle)

Ce domaine tire son nom du grec Kline, qui signifie "lit". Il s'agit d'une démarche auscultive où le soignant s'avance auprès du patient, à son "chevet".
Freud fait partie des pionniers de cette discipline et a imaginé un cadre de travail axé sur un dialogue entre patient et clinicien, où le patient est sur un divan pour plus de confort et où le clinicien ne doit pas le voir tout en restant proche.
Il y a donc une barrière visuelle entre les deux personnes, et toute l'attention est ainsi portée sur la parole. Comment cette idée est apparue ? A l'époque de Freud, la psychiatrie était la discipline qui étudiait les maladies de l'âme, mais ce qui le dérangea est qu'elle ne s'occupait que des signes visibles des maladies, et ne considérait pas les sentiments et impressions des malades. Il a donc décidé de "faire parler" les patients au lieu de les observer.
Le principe a donc été de s'intéresser à la maladie de l'individu du point de vue subjectif du malade et non plus du point de vue médical et psychiatrique (quel grand pas !).
 
En utilisant l'observation clinique, les praticiens ont posé une classification des troubles mentaux s'affinant de plus en plus au fil du temps (la psychiatrie et la psychologie contribuant chacune autant). La psychopathologie (branche étudiant les maladies psychiques) regroupe ces maladies en 3 grandes familles : les névroses, les psychoses et la perversion (sens clinique du terme). Depuis quelques décennies la structure psychique dite "perversion" est en désuétude et est remplacée par l'"états-limite", structure psychique de plus en plus souvent rencontrée dans notre société occidentale.

 
(2) La psychologie cognitive

Elle s'occupe d'expliquer les processus de traitement de l'information par le cerveau. Cette discipline appartient essentiellement au domaine de la recherche. Par abus elle est souvent appelée "psychologie expérimentale", mais il s'agit en fait de la méthode utilisée pour la recherche en psychologie, la psycho expé est aussi utilisée dans d'autres domaines. Une grande partie de la recherche est axée sur le fonctionnement de la mémoire, du langage, l'audition, la vision. Le but est de poser des théories générales sur le fonctionnement cognitif du cerveau sain (c'est-à-dire les processus entrant en jeu dans la connaissance et reconnaissance du monde).
 
Cette discipline s'aide d'éléments d'autres disciplines pour confirmer ou affiner ses théories. Par exemple, la psychophysiologie amène des information sur le fonctionnement nerveux, la psychologie différentielle peut venir confirmer ou infirmer une hypothèse de traitement de l'information etc.

 
(3) La psychologie sociale

...

 
(4) La psychologie du développement

Il s'agit de l'étude du développement psychique et cérébral (niveau biologique) de l'être humain depuis sa naissance jusqu'à l'âge adulte (jusqu'à ce que la mise en place des fonctions intégratives soit achevée, vers 16-20 ans).
Jean Piaget est un grand nom de cette discipline, et a théorisé le principe de stades de développement chez l'enfant. Il existe d'autres théories valables (stades de Wallon...), mais celle-ci reste la plus plausible.
Le développement psychique comprend le fait de pouvoir appréhender le monde extérieur, avoir conscience de soi, comprendre la conservation du poids d'un objet qui change de forme, l'addition, etc. Mais ces généralités ne peuvent pas êtres comprises tout de suite par l'enfant, car certaines nécessitent que des fonctions intégratives (en gros des schémas de traitements de données, afin de les comprendre) dans le cerveau soient présentes. Celles-ci se construisent selon des stades différents du développement, et sont associées au développement neuronal du cerveau.
Il faut donc rester patient avec un jeune enfant qui ne comprend pas tout ou qui a des raisonnement illogiques, car il n'a simplement pas la capacité de penser autrement !
 
Une discipline originaire du développement s'est intéressée aux effets de l'âge sur l'individu, d'un point de vue général. Il s'agit de la psychogérontologie, ou gérontologie (psychologique). C'est un champ d'étude qui s'applique aux personnes âgées et qui se penche sur les modifications de certaines fonctions du cerveau, telles que la mémoire, la motricité, le raisonnement, la perception, voire des dérivations psychopathologiques. Dans une vision sociale, elle étudie l'insertion, la vie sociale, la prise en charge en institutions de ces personnes. Quelques sujets de recherche actifs actuels : sur la maladie d'Alzheimer, de Parkinson...

(Les disciplines appliquées à (impliquées dans) plusieurs champs :)

La psychologie différentielle (années 1940)

Discipline assez récente, elle a pour objet d'observer et de comprendre les différences entre chaque individu, ou entre des groupes d'individus. Elle est à l'origine de nombreux tests destinés à discriminer, c'est-à-dire différencier les individus br> Elle s'est penchée sur la question de l'intelligence, et bien qu'elle n'ait jamais pu en donner une définition, elle peut la mesurer sous forme d'un quotient, le QI. Le premier test de QI date de 1938, et a été amélioré depuis. Les tests de QI sont adaptés à un type précis de population, et adapté à plusieurs tranches d'âges (de 2 ans à très âgé). De plus, il est adapté pour notre civilisation "occidentale" avancée, mais sûrement pas pour les Papous ou les Javanais... Il faudrait leur créer un test adapté à leur culture.
 
De la différentielle découle la psychométrie, spécialisation s'occupant des tests (QI, profil caractériel d'un individu...). Elle s'intéresse aussi aux différences de comportements, de caractères, de stratégies entre les sexes, les catégories sociales, les pays... Elle apporte aussi des éléments permettant de préciser des théories générales sur le fonctionnement du cerveau (ce sont les théories issues de la psychologie cognitive. Par exemple la cognitive trouvera une stratégie de reconnaissance d'images, mais la différentielle en trouvera plusieurs, et donc la théorie peut être affinée et présenter ces différentes stratégies au lieu d'une seule).

 
La psychologie expérimentale

La méthode expérimentale est une méthode rigoureuse servant à valider des hypothèses émises en psychologie. C'est elle qui donne le caractère scientifique de la psychologie, notamment parce qu'elle intègre massivement l'outil statistique qu'on applique aux résultats obtenus pour savoir si on peut rejeter ou conserver l'hypothèse de départ.
Tous les étudiants de psycho passent par là, et c'est surtout à cause de cette matière qu'on peut définitivement affirmer que la psycho n'est PAS littéraire (pour ceux qui douteraient encore) ! Cette méthode est d'ailleurs assez dure à apprendre car elle a une logique et un vocabulaire spécifiques, et surtout, surtout ! il faut savoir quels calculs effectuer et comment interpréter les statistiques obtenues !